Une Abbaye dans la ville

A la confluence de l’Oust et de la Vilaine, ce beau site de rivières, de collines et de marais, exposées vers le sud, fut choisi au Moyen-Age pour implanter une abbaye. La ville et son port se développèrent ensuite autour, comme on l’apprend dans les visites guidées et sur le circuit historique de Redon.
 
L’abbaye bénédictine devint rapidement puissante et riche, percevant des impôts et taxes notamment sur le sel. Son cartulaire, du VIII ème au XIIème siècle, registre d’actes juridiques, recèle une mine d’informations précieuses pour les historiens du Moyen-Age. Des liens étroits se tissèrent avec l’abbaye de Landévennec, autre grande référence en Bretagne. Et de siècle en siècle ses bâtiments se sont transformés : nef romane, clocher et abside gothique, cloitre Richelieu du 17ème siècle…
 
La tour romane, érigée au XIIème siècle par le Duc de Bretagne Alain Fergent IV, avec ses voûtes à doubles arcatures et ses colonnes de grès rouge et de granite, est un bijou de l’art Roman en Bretagne. Elle est construite pour montrer la puissance de l’abbaye. C’est avec le clocher gothique achevé en 1340 et ses 57 mètres de hauteur, que l’on prend conscience de la longueur de l’abbatiale, avant l’incendie de 1780. Cette tour isolée et désaxée par rapport à la nef, est le fruit du grand projet d’un « trompe l’œil ». En effet, il devait être construit un deuxième clocher, relié par portail de façade, pour 1 dimension totale de 40 mètres !
 
Le fantôme Belphégor, vous connaissez ?  Il hante le souterrain médiéval, accessible l’été en visite guidée, qui se glisse depuis l’ancien monastère pour arriver au pied des remparts, quai St Jacques. De là, les pèlerins embarquaient pour St Jacques de Compostelle. Aujourd’hui, le pèlerin peut profiter du gîte en plein centre-ville.